Bruno Gomez, Hétérohypnose avec quatre métaphores imbriquées
(8:56)
Alors la première chose à faire et vous le savez bien sûr, c’est de toujours prendre le temps de retrouver une respiration minimale, calme et régulière. Que ce soit toujours exactement pareil. Un peu comme si rien n’était plus important que cette absolue régularité de votre respiration. Très bien. Vous allez conserver cette respiration calme et régulière et vous allez maintenant pouvoir ouvrir les yeux et choisir un point à fixer à peu près en face de vous. Ce que vous préférez ou plus exactement ce qui vous fait plaisir.
Très bien. Une fois que vous avez choisi ce point alors vous allez le fixer avec vos yeux, vous allez l’accrocher avec vos yeux. Même quand il deviendra flou.
Très bien. Maintenant vous allez penser à cette respiration calme et régulière et à vos yeux accrochés à ce point que vous avez choisi.
Vous allez vous appliquer à voir sans bouger les yeux, tout ce qu’il y a au dessus de vous.
Très bien. Maintenant, toujours sans bouger les yeux bien sûr, tout ce qu’il y a au dessous de vous. Et puis tout ce qu’il y a à gauche de vous. Et enfin tout ce qu’il y a à droite.
Très bien. Maintenant en maintenant consciemment cette respiration calme et régulière et vos yeux accrochés au point que vous avez choisi, vous allez vous appliquer à voir toujours sans bouger les yeux bien sûr, l’étendue complète de votre champ de vision. C’est-à-dire que vous ne regardez plus rien mais vous voyez tout de haut en bas et de gauche à droite et tout est un peu flou.
Voilà, très bien. Cela s’appelle, vous le savez, la vision périphérique. Alors vous allez conserver cette vision périphérique ainsi que votre respiration calme et régulière et vous allez maintenant en plus et en même temps prêter attention aux sensations vous provenant de votre corps. Par exemple : l’appui de vos fesses contre le sol et puis l’appui de vos talons et de vos pieds. Si vous étiez comme moi en position assise cela pourrait être l’appui de vos pieds contre le sol bien sûr. L’appui ou la position de vos jambes. L’appui de votre dos. L’appui de votre tête ainsi que la position de votre tête. La position de vos bras, l’appui de vos bras. L’appui de vos mains. La position de vos mains, l’appui de vos mains ainsi que toutes les sensations qui vous parviennent peut-être déjà le long de vos doigts. Qu’il s’agisse de picotements, de fourmillement, d’engourdissement ou même de sensations de pulsation, de chaud et froid.
Très bien. Maintenant de manière plus générale, plus globale, la position de votre corps ainsi même que sa disposition.
Très bien. Vous allez maintenant pouvoir tranquillement fermer les yeux, tout en conservant bien sûr votre vision périphérique à travers vos paupières fermées. Ce qui vous permet peut-être déjà de percevoir des zones lumineuses ou des petits points lumineux qui s’allument un peu partout, un peu comme un ciel étoilé, un soir d’été.
Alors vous allez conserver la respiration calme et régulière, les sensations du corps et la vision périphérique et son ciel étoilé et vous allez maintenant en plus et en même temps prêter attention le plus précisément possible, note après note, vague après vague à cette musique.
Et tout en conservant votre attention sur cette musique, vous allez également, prêter attention à tous les autres bruits éventuels.
Voilà. Et c’est ainsi que le plus simplement, le plus naturellement du monde vous atteignez petit à petit cet état que vous découvrez et que vous connaissez déjà un peu. Où le conscient et l’inconscient se retrouvent et la porte s’ouvre. C’est un accès tout à la fois à votre passé bien sûr, mais également et surtout à vos immenses ressources qui sont là à portée de vous.
Et le plus surprenant, je vous le concède tout à fait c’est que apparemment rien à changé. Et pourtant la différence est essentielle bien sûr, car désormais tout devient possible.
C’est un état de force et de douceur, de paix et d’amour, de bien-être, essentiel et profond qui tout doucement va commencer à s’installer à partir de maintenant. Et le premier à s’en rendre compte, c’est votre corps bien sûr qui a peut-être déjà commencé à se relâcher et se détendre et qui de respiration en respiration va se relâcher et se détendre plus encore. Se détendre et s’engourdir, s’engourdir et tout doucement s’alourdir au point de vous donner bientôt l’impression qu’il appuie d’avantage.
Voilà. Et c’est ainsi que tout votre corps depuis vos paupières jusqu’à vos pieds s’installe à chaque respiration un peu plus dans un repos calme, profond, serein et lourd. Un vrai repos et c’est très agréable.
D’ailleurs, vous sentez peut-être déjà tout doucement de mieux en mieux et même bientôt carrément bien. Car tout va devenir et continuer à devenir de jour en jour tellement plus simple et plus facile, tellement plus agréable.
Et c’est un peu normal bien sûr, car plus votre corps est au repos et plus votre esprit est libre. Libre et attentif. Attentif au son de ma voix qui n’est que l’écho de la vôtre et libre de faire très exactement tout ce que vous avez envie de faire aux seules conditions d’en avoir envie et que se soit bon pour vous.
Alors je vous propose d’en profiter un peu pour partir en voyage par exemple. Vous allez choisir une destination, un endroit que vous aimez. Cher à votre cœur, à votre esprit. Je vous laisse. Je vous laisse le soin de choisir bien sûr, c’est votre seul rêve.
Très bien, maintenant que vous avez choisi, alors, votre esprit s’envole, pour ce voyage réel et virtuel tout à la fois. Vous arrivez sur place déjà et immédiatement vous retrouvez les paysages, les couleurs, les lumières. Les bruits, les sons, les musiques. Les parfums, les odeurs, les sensations, les émotions. Tout ce qui fait que vous aimez être dans cet endroit que vous vous y sentez si bien. Si merveilleusement bien. Car vous vous sentez merveilleusement bien. Calme, serein, sereine. Tranquille et libéré.
Et même mieux que ça. Calme, serein, sereine, tranquille et fantastiquement heureux ou heureuse à chaque seconde qui passe de vous être libéré, d’avoir retrouvé votre liberté enfin. Quelle victoire, quel plaisir et quel absolu bien être.
Alors vous passez de place en place, de paysage en paysage avec la légèreté et la liberté d’une libellule ou d’un papillon que rien n’arrête, que rien ne gêne. Et puis vous retrouvez les plaisirs essentiels, c’est-à-dire des joies simples, le parfum des fleurs, la douceur d’un fruit ou d’un regard, la douceur d’un sourire ou d’un verre d’eau. En fait vous vous retrouvez. Je dirais même que vous découvrez. Vous découvrez le vrai vous, le vous d’origine. Celui qui n’aurait pas été abîmé, altéré par les soucis et les contraintes de l’existence. Et en compagnie de ce vrai vous, ce vous d’origine, vous vous sentez bien, merveilleusement bien.
Il faut dire, vous l’avez compris que jusqu’à présent vous étiez comme prisonnier, enchaîné, entravé. Dorénavant, de jour en jour, vous retrouverez chaque jour un peu plus ce vrai vous. Ce vous d’origine. Et alors jour après jour, vous vous sentirez plus calme plus serein plus sereine, plus libre, plus authentique, plus en paix, en harmonie avec vous-même. C’est un peu comme si vous alliez enfin pouvoir nettoyer vos ailes et vous envoler, pour vous retrouver.
Car il y a un moment où c’est le moment, on ne sait pas toujours ni pourquoi ni comment, mais c’est le moment. Peut-être tout simplement parce que les envies sont devenues des besoins, des impressions, des évidences. Alors il est temps. Temps de déployer vos ailes.
D’ailleurs, vous savez, c’est un peu comme les oiseaux. Parfois on voit des oiseaux qui sont au sol et leurs gestes sont tellement, penauds, patauds, désordonnés, maladroits, lourds, que l’on se dit qu’ils n’arriveront jamais à s’envoler. Et on se trompe bien sûr, car quelques secondes plus tard, comme par magie, comme par miracle ils ont décollé. Et à partir de ce moment-là on ne peut plus les quitter des yeux, tant leur vol est majestueux, harmonieux, élégant, parfait.
Ce sont, l’avez-vous remarqué, toujours les oiseaux qui ont le plus de mal à s’envoler qui sont les plus beaux à regarder une fois qu’ils …
Imbrication 1 (21:44)
Alors je vous raconterais bien l’histoire de Claude qui était parti en colonie de vacances. Une colonie un peu particulière qui durait tout l’été, juillet, août et qui se déroulait dans un immense parc naturel.
Il y avait une tradition, le directeur et la directrice, l’avaient expliquée aux enfants dès leur arrivée. Chaque enfant devait choisir un arbre, construire une cabane et le 15 août un grand jury devait se réunir pour décerner le premier prix, celui de la cabane la plus impressionnante.
Alors Claude ne se posant pas la moindre question sur ce qui lui plaisait vraiment, se lança dans cette entreprise, dans cette aventure avec toute l’énergie disponible.
Claude commença très logiquement par choisir l’arbre le plus haut de la colline la plus élevée puisqu’il fallait que se soit impressionnant. Et ensuite du matin jusqu’au soir, Claude sciait, vissait, clouait, collait. Il ne faisait plus que cela. En quelques jours sa cabane avait déjà des allures de palais suspendu mais Claude continuait encore construisant une pièce supplémentaire sur une branche différente à chaque jour qui passait.
Et puis le 31 juillet au soir il y eu un orage terrible. D’abord le vent, ensuite la pluie, ensuite le tonnerre et enfin la foudre qui à minuit très précise choisit de s’abattre sur l’arbre le plus haut de la colline la plus élevée, c’est-à-dire celui qu’avait choisi Claude. Et en quelques secondes, que dis-je, quelques dixièmes de seconde, tout son travail fut détruit.
Le lendemain matin, Claude ne pût que constater les dégâts : il ne restait rien. Rien que quelques cendres à peine encore fumantes. Alors catastrophé, anéanti, désespéré, humilié, Claude s’enferma dans sa chambre et resta prostré des jours et des nuits.
Imbrication 2 (23:43)
La vie c’est un peu comme un train. Le train de la vie en quelque sorte. Moi je dis ça parce que je m’en suis rendu compte en regardant passer des trains. Certains trains avaient des locomotives très puissantes qui ont du mal à avancer alors que d’autres, avec des locomotives très modestes filent bon train et je n’arrivais pas à comprendre pourquoi.
Alors un beau jour je me suis intéressé au train de la vie de cet enfant qui s’appelait Dominique. Le train de sa vie à Dominique, il avait vraiment du mal à avancer. Et Dominique ne savait pourquoi et c’était triste. Alors tout les deux on décida qu’on allait comprendre.
On quitta la locomotive et on monta sur le premier wagon. La porte du premier wagon s’ouvrit sans peine et c’est ainsi que l’on découvrit qu’il était plein. Plein à craquer de souvenirs et d’expériences de toutes les couleurs. « C’est ça » m’a dit Dominique. Je découvre que dans ce premier wagon il y a tout les bons souvenirs toutes les bonnes expériences. « C’est sympa de les savoir ainsi près de moi. » Je pesai le premier wagon et je découvris qu’il ne pesait rien. Même pas un gramme, même pas le poids d’une plume. Ce n’était donc pas lui qui empêchait le train de Dominique d’avancer.
Alors nous décidâmes d’aller voir le deuxième wagon. La porte s’ouvrit sans peine et l’intérieur était sombre. Il n’y avait pas grand chose dedans, mais je vis le visage de Dominique s’assombrir lui aussi. « Oh » dit Dominique. « Je découvre que dans ce deuxième wagon il y a tout mes mauvais souvenirs toutes mes mauvaises expériences, il n’y en a pas tant que ça bien sûr mais ils sont tous là. » Je pesai le deuxième wagon et je découvris qu’il pesait lourd, enfin lourd, pas très lourd en tout cas pas suffisamment lourd pour expliquer que le train de la vie de Dominique n’avançait plus.
Et c’est à ce moment-là que l’on découvrit qu’il y avait un troisième wagon. On monta dessus. On essaya d’ouvrir la porte et c’était impossible. Car elle était fermée à clé. Au bout d’un moment Dominique me dit : « Écoute, je ne sais pas ce qu’il y a dans ce troisième wagon mais ce que je sais c’est que c’est le train de la vie à moi qui le traîne alors j’ai le droit de savoir. » Et c’était vrai.
Alors j’allai chercher une masse et je défonçai la porte du troisième wagon. Et c’est ainsi que l’on découvrit qu’il était plein, plein à craquer de souvenirs et d’expériences aussi tristes les uns que les autres et puis aussi d’abandons, de trahisons, d’injustices, de rejets, d’humiliations, de devoirs, de culpabilité et même d’un peu de violence.
Mais ce n’est rien d’autre que la surprise que je vis s’afficher sur le visage de Dominique. « Je comprends pas » me dit Dominique, « Je ne comprends vraiment pas. Alors bien sûr, je connais ces souvenirs et ces expériences, on me les a racontées jadis et puis je connais le reste aussi malheureusement pour l’avoir croisé tant de fois dans ma vie. Mais je ne comprends pas ce que ce troisième wagon, rempli de ces choses fait accroché au train de ma vie, parce que ce qui est à moi ce qui m’appartient est déjà dans le deuxième wagon et ce qu’il y a là dans le troisième ce n’est pas à moi. Cela appartient à d’autres et je sais même assez bien à qui cela appartient et ce n’est pas à moi. Et je ne comprends pas pourquoi c’est le train de ma vie à moi qui traîne un wagon rempli de choses qui appartiennent à d’autres. »
Je pesai le troisième wagon et je découvris qu’il pesait des tonnes et des tonnes et que c’était lui bien sûr qui empêchait le train de la vie de Dominique d’avancer.
Imbrication 3 (27:23)
Alors je vous raconterais bien l’histoire de Frédérique aussi. Cet enfant, un vrai bonheur. Frédérique jouait du matin jusqu’au soir, riait chantait, un vrai bonheur. Et ça ne plaisait pas à tout le monde figurez-vous. On avait finit par lui dire que, qu’il faisait vraiment trop de bêtises et que même tout le monde en avait assez de ses bêtises paraît-il et que même, que même le soleil qui de là haut voit tout en avait assez de ses bêtises. Et c’était pour ça qu’il s’en allait, parce que Frédérique avait fait trop de bêtises.
Alors chaque soir, après la nuit tombée, Frédérique était catastrophé. Il ne savait pas quelles avaient été les bêtises qu’il avait pu faire, mais Frédérique savait que c’était de sa faute si la nuit tombait si tout le monde était (?? 28:15)
Imbrication 4 (28:21)
Je vous raconterais bien également l’histoire de cet enfant, qui était triste parce que la seule fois qu’il sortit dans son jardin pour jouer, des monstres arrivèrent.
Alors il rentrait dans sa maison, s’enfermait dans le noir et il pleurait, incapable de faire quoi que ce soit. Ça durait comme ça pendant des années, c’était triste. Puis un beau jour, ou plutôt une nuit, il s’est passé quelque chose, on n’a jamais su vraiment quoi. Est-ce un rêve, une fée ou un magicien je n’en savais rien.
Toujours est-il que le lendemain notre ami se réveilla, s’assit sur le bord de son lit et dit simplement : « Maintenant ça va, c’est bon, ça suffit, ça a assez duré. »
Il s’habilla, mit ses chaussures et il sortit dans le jardin, au milieu du jardin. Il attendait le premier monstre.
Pendant que le premier monstre arrivait, notre ami ne bougea pas d’un centimètre, le regarda droit dans les yeux et lui dit : « Dehors ! »
Le premier monstre surprit s’arrêta. Alors il le regarda encore bien droit dans les yeux et se fit enfin l’immense plaisir de lui dire : « Non et non ! Tu n’es rien. Rien qu’un monstre, un tout petit monstre du passé et tu n’as plus rien à faire dans ma vie d’aujourd’hui. »
Alors là. Là le premier monstre eu très peur. Il devint tout petit. Et il s’enfuit. Notre ami ne bougea pas pour autant car il savait bien qu’il n’avait pas encore gagné. Il fallait attendre le deuxième monstre.
Quand le deuxième monstre arriva, il ne bougea pas d’un centimètre, le regarda droit dans les yeux et lui dit : « Dehors ! » Le deuxième monstre surpris, s’arrêta. Alors il le regarda encore bien droit dans les yeux et se fit enfin l’immense plaisir de lui dire à lui aussi : « Non et non tu n’es rien. Rien qu’un monstre un tout petit monstre du passé et tu n’as plus rien à faire dans ma vie d’aujourd’hui. »
Alors là. Là le deuxième monstre eu très peur, il devint tout petit et il s’enfuit. Notre ami avait gagné alors il joua. Il joua dans son jardin comme il n’avait plus joué pendant des années. Et plus il jouait, plus il grandissait bien sûr et comme par magie les nuages s’en allèrent du ciel emportés par un vent mystérieux. Je crois bien que c’était celui de la liberté.
(?? 31:08) Il était devenu grand et il n’y avait plus en dessus de sa tête qu’un immense ciel bleu avec un grand soleil au milieu. Alors il rentra dans sa maison, il ouvrit toutes les portes, tous les volets, toutes les fenêtres et il fit enfin rentrer le soleil et la lumière partout dans sa maison (?? 31:23) bien sûr toutes les petites peurs cachées de ci, de là s’échappèrent à jamais par les fenêtres ouvertes.
Et puis comme c’était mercredi, qu’il n’y avait pas école, il décida de faire quelque chose qu’il avait envie de faire depuis longtemps. Il décida de grimper sur le sommet de la montagne. En effet, il habitait dans un village triste et gris, dans une vallée triste et grise avec des gens tristes et gris qui avaient tous des problèmes tristes et gris.
Il connaissait tout le monde et les problèmes de tout le monde bien sûr, mais il n’était jamais monté là-haut. Alors il commença à grimper. Au bout d’une heure il s’arrêta, se retourna vers le village et constata qu’il était tellement loin, qu’on reconnaissait bien les maisons certes, mais qu’on ne reconnaissait plus les gens. « Incroyable ! » se dit-il. « Une heure a suffit pour que je ne sache déjà plus qui est qui. » Et il continua à grimper.
À la deuxième heure, il s’arrêta, se retourna vers le village et constatait qu’il était encore plus loin. On voyait à peine les maisons et plus du tout les gens. « Incroyable ! » se dit-il. « Deux heures ont suffit pour qu’il ne reste presque plus rien de tout ce qui faisait ma vie jusqu’à aujourd’hui. » Et il continua à grimper.
Et juste avant la troisième heure, il se passa quelque chose qu’il n’avait pas imaginé un seul instant. Il traversa une fine couche de nuages (?? 32:55) par dessus les nuages sur le sommet de la montagne. C’était magnifiquement beau. Cet immense ciel bleu, ce grand soleil et puis cet océan de nuages qui s’étendait à ses pieds, c’était inoubliable.
Il resta immobile quelques instants comme pour mieux se souvenir et puis se retourna vers le village et constata qu’il ne pouvait plus le voir bien sûr puisqu’il était de l’autre côté des nuages. « Et voilà. » se dit-il. « Trois heures ont suffit pour qu’il ne reste rien, absolument rien de toutes ces choses dont je pensais quelles étaient importantes et qui manifestement ne l’étaient pas. » Il resta un bon moment sur le sommet de la montagne et avant de redescendre, il se promit deux choses : La première, c’est qu’il n’oublierait jamais qu’il suffisait de prendre un peu de hauteur, un peu de distance pour que tout ce qui n’était pas vraiment important disparaisse tout seul. Et la deuxième c’est qu’une fois redescendu en bas dans le village, il n’en voudrait pas trop à tout ceux qui ne savaient pas ce qu’il savait, qui n’avaient pas eu la chance comme lui de monter un jour sur le sommet de la montagne.
Imbrication 3 (34:10)
Un beau jour Frédérique fut assez âgé pour aller à l’école et un beau jour Frédérique, un très beau jour, Frédérique apprit que la terre était ronde et tournait autour du soleil et que ce n’était pas de sa faute bien sûr si la nuit tombait. À partir de ce jour-là, Frédérique eu immensément de plaisir à regarder chaque soir le soleil se coucher et la nuit tomber et tout autant de bonheur à voir, chaque matin, le soleil se lever et le jour poindre. Cela ne tient à pas grand chose de rendre sa vie heureuse.
Imbrication 2 (34:50)
Dominique me dit : « Je ne sais pas ce que ce troisième wagon fait accroché au train de ma vie. Mais ce que je sais parfaitement bien, c’est que ce qu’il y a dedans n’est pas à moi et que je n’ai aucune raison de continuer à le traîner à la place de ceux à qui cela appartient alors voilà ce que je vais faire : je vais arrêter mon train à l’approche d’une gare. Je décrocherai le troisième wagon et je le laisserai là, dans la gare. Comme ça, si les propriétaires de ce qu’il y a à l’intérieur ont l’envie et aussi le courage de récupérer ce qui leur appartient et bien ils pourront le faire. Mais moi, ça ne m’intéresse plus, ça ne me concerne plus, c’est terminé. »
Et je vois encore Dominique arrêtant son train dans la gare. Descendant de la locomotive. Passant derrière le deuxième wagon. Décrochant le troisième. Remontant dans la locomotive et redémarrant son train. Je vois encore Dominique tout sourire, me faire des grands signes de la main alors que le train démarrait à toute vitesse comme pour me dire au-revoir et je l’entends encore me crier : « C’est génial tellement ça marche bien maintenant, tellement c’est facile. Au fait je voulais te dire, en y pensant bien, dans le deuxième wagon, tu sais celui des mauvais souvenirs, il y en a deux ou trois qui ne sont pas si mauvais que ça, je pense que bientôt, je pourrai les faire passer dans le wagon des bons souvenirs, à moins bien sûr qu’ils n’y passent tout seuls. » Et Dominique et son train disparurent à l’horizon.
Imbrication 1 (36:23)
Il fallut longtemps à Claude pour se remettre de ses histoires et un beau jour, Claude réalisa que si ce qui était important pour les autres ne l’était pas forcément pour sa personne, cela voulait dire que ce qui était important pour sa personne ne l’était pas forcément pour les autres. Et que ces différences au fond, c’était plutôt bien, c’était plutôt bien, même si c’était parfois inconfortable (?? 36:52)
Claude apprit aussi que la foudre ne tombait pas forcément sur l’arbre le plus haut et que personne n’y était pour rien. Et que, tant le directeur que la directrice avaient fait du mieux qu’ils pouvaient. À partir de ce jour-là, comme débarrassé d’un poids, Claude pu enfin prendre le temps d’apprendre à mieux se connaître, se comprendre, s’apprécier, se respecter, s’estimer, avoir confiance.
Claude pu également entendre, mais c’est un peu la même chose (?? 37:33) et finit par découvrir une toute petite clairière aussi belle que ça, aussi lumineuse qu’accueillante, traversée par un ruisseau sur le bord duquel il y avait un petit arbre et Claude su immédiatement que c’était là.
Prenant trois planches et quatre clous, riche de son expérience, Claude construisit en quelques jours une toute petite cabane qui était absolument merveilleuse. Ça n’avait plus rien à voir avec la première (?? 37:58) mais quelle importance. Claude s’en fichait complètement, tellement Claude se sentait bien dans cet endroit. D’ailleurs tout ceux qui venaient voir Claude avaient du mal à repartir tant ils s’y sentaient bien en sa compagnie à croire que son bonheur était devenu contagieux.
Je ne sais plus du tout qui gagna le concours cette année-là. Ça n’a d’ailleurs pas la moindre importance. Ce que je sais par contre, c’est que bien des années après quand on demandait à Claude quel avait été l’évènement le plus important de son existence, Claude répondait toujours avec un petit sourire : « La foudre. Et pourtant, Dieu sait que j’en ai été triste. Mais c’est cette histoire-là qui m’a amené un beau jour à me poser les vraies, les bonnes questions et mieux comprendre qui j’étais vraiment, ce qui pour moi avait de l’importance et ce qui en fait n’en avait pas. Ce que j’avais envie de faire de ma vie. Ce que je n’avais pas non plus envie d’en faire. Alors quelque part, heureusement que la foudre est un jour tombée dans ma vie. »
Retour à l’état ordinaire de conscience (39:00)
Car l’expérience, ce n’est pas ce que vous avez vécu, bien sûr. C’est ce que vous en avez fait jusqu’au jour d’aujourd’hui et c’est ce que vous allez pouvoir en faire à partir de maintenant. Et à ce sujet, il me semble bien qu’il y a sur vos épaules un sac, un sac à dos et que ce sac, il est lourd. Et qu’il est temps de vous en occuper. Alors puisque vous êtes dans un endroit que vous aimez, je vous propose de faire simplement quelque chose de simple. Vous vous asseyez par terre en tailleur. Voilà, maintenant que vous êtes assis et bien vous détachez le sac de vos épaules et vous le posez juste devant vous. Et puis maintenant qu’il est là, et bien vous l’ouvrez. Et vous découvrez ce dont vous vous doutiez bien sûr, dans votre sac, il y a plein de pierres. Ces pierres, elles sont lourdes. Elles viennent du passé. Et elles ne sont pas à vous. On vous les y a mises et vous ne savez je crois aussi bien que moi. Alors peu importe au fond, ce que chacune de ces pierres représente précisément qu’il s’agisse d’abandon, de trahison, d’injustice, de rejet, d’humiliation, de devoir, de culpabilité ou même de violence, peu importe, car elles ne sont pas à vous. Elles n’ont donc rien à faire dans votre sac.
Alors ces pierres, vous allez enfin pouvoir les prendre une à une et les sortir de votre sac, pour les poser par terre en tas à votre gauche. Je vous laisse faire.
(40:55) Très bien, vous enlevez les dernières. Parfait ! Apparemment, il ne reste plus la moindre pierre dans votre sac. De toute façon, vous reviendrez régulièrement vérifier qu’il n’y en aurait pas d’autres à enlever que vous n’auriez pas vues aujourd’hui. En attendant, ce qui est certain, c’est qu’il y a maintenant plein de place libre dans votre sac pour tous les bons souvenirs à venir et ce qu’il y a de bien avec les bons souvenirs, c’est que c’est léger et ça ne prend pas beaucoup de place. Alors vous pouvez en mettre beaucoup. Ça va vous faire un peu de travail pour les années à venir.
Et puis vous sentez une goutte de pluie sur votre front et une deuxième et une troisième. Une de ces chaudes pluies d’été. N’importe qui se mettrait à l’abri bien sûr, mais vous avez compris qu’il ne pleut pas par hasard. Alors vous vous levez lentement et vous faites, c’est très important, le tour complet du tas de pierres en le laissant toujours à votre main gauche.
Très bien, maintenant vous en avez fait le tour. Et bien vous le laissez là où il est car il y restera, c’est sa place. Et vous continuez à marcher sous cette chaude pluie d’été. C’est tellement agréable.
Et puis vous sentez qu’il est temps. Alors, vous vous arrêtez. Vous vous immobilisez. Vous fermez les yeux. Vous écartez doucement les bras. Et vous accueillez maintenant cette pluie que vous sentez ruisseler sur votre front, votre visage et votre cou, votre poitrine et votre ventre, vos jambes, vos pieds. Cette pluie emmène avec au plus profond du sol toutes les poussières, toutes les scories du passé, toutes les blessures, toutes les douleurs, toutes les tristesses, toutes les peurs également.
Alors à chaque seconde qui passe. À chaque goutte qui ruisselle le long de votre corps pour se perdre dans le sol, vous vous sentez plus calme, plus serein, plus sereine, plus libre, plus léger, plus légère, plus authentique, plus en paix. Car cette pluie fait bien plus que de vous mouiller, de vous laver bien sûr. Elle vous nettoie, vous purifie, vous restaure et cela fait un bien fou.
Et puis, son travail achevé la pluie cesse, le soleil revient qui vous sèche, vous réchauffe. Il ne vous reste plus qu’à remettre sur vos épaules ce sac à dos tellement léger et reprendre le chemin qui dorénavant, de jour en jour, vous permettra chaque jour un peu plus de vous retrouver, de vous découvrir.
Car droit devant, débarrassé chaque jour un peu plus du poids du passé, vous pourrez faire un tri. Le tri entre vos vraies valeurs et celles qui n’étaient là que parce que le passé vous les avait imposées.
Et puis ce tri effectué, vous pourrez faire votre choix. Le choix de ce qui est vraiment important pour vous. Et vous vivrez dès lors en harmonie avec ce choix.
De jour en jour, à partir de maintenant, car à partir de maintenant tout change. Il suffisait juste de …
De jour en jour vous pourrez dorénavant vous faire le petit plaisir immense de constater que vous êtes capable de ne plus ressentir la moindre peur, le moindre blocage, mais au contraire un immense plaisir de vous en être libéré. Et plus la moindre peur, le moindre blocage que vous êtes désormais incapable de ressentir la moindre peur, le moindre blocage tant vous êtes fantastiquement heureux ou heureuse de vous en être libéré.
Alors de jour en jour, vous allez dorénavant pouvoir vous faire le petit plaisir immense de vous élever vers plus de force et de douceur, de bien être et d’amour, de paix et d’énergie, de confiance et d’assurance. De liberté et de légèreté.
Ce beau voyage que vous commencez aujourd’hui, vous le continuerez jour après jour aussi naturellement que se succèdent les saisons pour votre plus grand plaisir et votre plus grand bien ainsi d’ailleurs que le plus grand plaisir et le plus grand bien de ceux que vous aimez.
Notre voyage aujourd’hui, lui par contre, se termine bientôt. Je vais maintenant décompter de sept à zéro. Et à zéro seulement, vous pourrez revenir, calme, serein, sereine, tranquille et libre. Prêt à vivre avec infiniment de plaisir cette liberté, cette légèreté, cette authenticité qui revient. Ces retrouvailles avec vous-même.
Sept. Vous vous sentez bien. Simplement, naturellement bien.
Six. Et ce bien-être est le vôtre, bien sûr. Je vous suggère donc vivement de vous y habituer.
Cinq. La lourdeur va comme s’envoler, s’évaporer, disparaître de votre corps. Fondre comme neige au soleil.
Quatre. Il s’est passé quelque chose, bien sûr. Et votre corps vous le dit déjà. Vous le sentez. Vous le ressentez déjà. Et vous le verrez, vous le vivrez de jour en jour avec infiniment de plaisir.
Trois. D’ailleurs il s’est passé quelque chose. Votre corps vous le dit déjà. Vous le sentez, vous le ressentez déjà. Vous le verrez, vous le vivrez chaque jour plus facilement encore.
Deux. Car il y a un moment où c’est le moment, un moment où il est temps.
Un. Votre corps est léger à présent. Votre esprit également et ils vont se retrouver ensemble et font route vers ici.
Zéro. Vous pouvez respirer un peu plus profondément. Avaler votre salive. Vous étirer. Et quand vous le voudrez, ouvrir les yeux et revenir.